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«Les entreprises devront avoir une étoile polaire pour transcender le moral de leurs troupes»
Aujourd'hui les entreprises sont confrontées à la nécessité de prendre des partis-pris stratégiques, mais en même temps doivent êtres capables de faire des choix réversibles. Finalement, l'économie durable est une vraie révolution, elle est lente et elle est sure, elle est progressive, et soit les entreprises l'abordent en essayant de la suivre, et à ce moment là vont la subir, et je ne suis pas sûr qu'elles maîtriseront leur destin, ou alors elles vont la devancer et à partir de là elles vont s'épanouir.
Mon débat est de dire que ce n'est pas une menace, c'est une opportunité. Je vous donne un exemple, tout est dans la façon de voir les choses :une émission, Envoyé Spécial, a dénoncé les produits cosmétiques comme comportant des éléments extrêmement nocifs pour la peau, dont certains sont cancérigènes à terme, en accusant notamment L'Oréal. L'Oréal a été obligé de subir une révolution vers le bio, alors qu'on peut penser que l'Oréal aurait pu bien avant avoir une démarche pro-active
pour petit à petit faire évoluer ses produits en bio, et non pas être
montré du doigt comme un «mauvais élève» mais au contraire être mis en
exergue comme un excellent acteur, avec des produits qui ont des vraies
vertus bios et qui ont le mérite de ne pas être cancérigènes.
Chaque révolution comme celle de l’économie durable, quand elle commence, a plein de pages blanches devant elle, et aujourd'hui il y a encore plein de pages blanches à remplir. Alors ceux qui rempliront les pages blanches seront ceux qui créeront de la valeur.
Dans l'énergie, et tous les domaines, il y a des opportunités à trouver, ce qui veut dire pour l'entreprise en terme de comportemental qu'il va falloir innover plus qu'hier, or l'innovation nait de la rencontre du hasard. Soit vous attendez que le hasard vienne vous chercher, soit vous allez le chercher : les entreprises vont devoir développer leur art d'aller chercher le hasard ce qui sous-entend ce qu'on appelle le networking des choses.
Donc le premier élément pour les entreprises c'est comment développer notre art de réinventer notre business et de réaliser des innovations en inventant les pages blanches de demain ; cela nécessite d'être en interconnexion avec un certain nombre d'autres acteurs pour chercher les intersections des choses : les intersections des process, des matières, voire les intersections des métiers. Un deuxième élément sur le comportemental : quand je regarde les salariés des entreprises, je vois qu'ils sont dans une incertitude totale, parce qu'ils ne savent pas comment la planète va évoluer, parce qu'il y a plein de choses qui se sont brutalement effondrées : par exemple le onze septembre, la ociété générale... Or quand on est dans l'incertitude, on se raccroche à ce qui est sûr : le passé.
Napoléon avait dit : «Même en période de guerre, la puissance morale est trois fois plus importante que la puissance matérielle». Je
pense que les entreprises ont une puissance morale à apporter aux
hommes, déjà dans leur vie professionnelle à travers l'entreprise,
mais, par voie de fait, dans leur vie personnelle, et cette puissance
morale nécessite une étoile polaire. Les entreprises devront
avoir une étoile polaire pour transcender le moral de leurs troupes :
l'étoile polaire pour moi c'est trois choses :
1- qu'est ce qu'on a envie de réussir tous ensemble ? 2- quelles sont les transformations qu'on veut apporter demain dans notre environnement ? 3- quelle position veut-on atteindre à l'avenir ?
Il y a un deuxième aspect lié aux choix réversibles : l'étoile polaire c'est comme un phare qu'on veut atteindre ; ce phare est flou quand on le regarde, mais quand on le formule il est très clair. Par contre pour atteindre le phare, on ne peut plus aller en ligne droite : demain il va falloir s'adapter à l'environnement en permanence, ça veut dire que les entreprises vont devoir développer un comportemental de dribble. L'entreprise devra être capable de réintroduire l'entreprenariat à tous les niveaux en interne pour être capable de dribbler à bon escient. Le dernier point par rapport à ce comportemental, c'est l'envie : l'envie est le point clé de l'étoile polaire. Une entreprise a intérêt à avoir une étoile polaire en phase avec ses envies, parce que quand on a des envies, il y a une flamme derrière. Pour un projet entreprenarial, il faut une flamme derrière pour réussir.
Maximilien Brabec (Consultant en innovation et stratégies) - Repenser l'entreprise
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